Découvrir la commune
Saint-Jean-de-Muzols recèle un patrimoine historique exceptionnel qui témoigne de 2000 ans d’histoire, de l’époque gallo-romaine à nos jours. Cinq sites remarquables jalonnent la commune et racontent l’histoire de ce territoire stratégique au bord du Rhône.
De la Vieille Église construite par les moines de Cluny en l’an 1000 à la Table du Roy où festoya Saint Louis, en passant par la stèle d’Hadrien érigée au IIe siècle, chaque monument classé révèle une page unique de notre histoire commune.
La Vieille Église
Construite par les moines de Cluny en l’an 1000, la Vieille Église de Saint-Jean-de-Muzols témoigne de l’art roman avec son architecture simple caractéristique : peu d’ouvertures et des voûtes plein-cintre. À cette époque, la commune comptait deux chapelles dont Sainte-Estève, située sur les bords du Rhône.
Ce bâtiment rectangulaire se termine par une abside semi-circulaire, voutée en cul-de-four et décorée d’une série de petites arcades. Le chœur de l’église regarde le soleil levant pour indiquer aux croisés la direction de la Terre Sainte.
L’église s’ouvrait initialement par un portail roman sur la façade méridionale, aujourd’hui muré et partiellement enterré. L’alternance de claveaux de calcaire blanc et de briques placées de chant évoque un mode de construction gallo-romaine. Sur la façade ouest, une fenêtre à double arcature trilobée retombant sur une colonnette avec chapiteau cubique décoré de feuilles d’acanthe conserve encore toute sa beauté.
Cet édifice remarquable a été classé Monument Historique le 3 septembre 1952.
La stèle d’Hadrien
Sur le parvis de l’église romane, au bord de la RD86, découvrez le passé romain de la commune. Au IIIe siècle avant J.-C., le peuple gaulois des Allobroges occupait Saint-Jean-de-Muzols (Muzoleum). Leur territoire s’étendait du Lac Léman jusqu’à notre commune, formant une importante agglomération gallo-romaine qui favorisait le développement du commerce.
Vers l’an 120, l’empire atteindra son apogée sous le règne de l’empereur Hadrien qui, lors d’un déplacement dans la vallée du Rhône, fera une halte à Saint-Jean-de-Muzols. À cette occasion, les Nautes (mariniers commerçants) érigeront une stèle à sa gloire.
Cette stèle, posée sur un sarcophage probablement du haut Moyen-Âge, date du début du IIe siècle et porte une dédicace des Nautes du Rhône à l’empereur : « À l’empereur César, fils du divin Trajan le Parthique, petit-fils du divin Nerva, Trajan Hadrien Auguste, grand pontife, revêtu de la puissance tribunicienne pour la troisième fois, consul pour la troisième fois, les nautes du Rhône à leur très bienveillant prince. »
Connue depuis 1533 et classée Monument Historique le 17 septembre 1943, cette stèle a été extraite vers 1860 d’un mur de l’abside de la Chapelle Sainte-Estève. Elle était le piédestal d’une statue élevée à Hadrien. Un QR Code à proximité permet d’entendre une capsule audio réalisée par les élèves de CM2 de l’école Louise-Michel en 2021-2022.
Le Grand Pont (Pont de Douce Plage)
En 1252, une crue emporte le Pont de César. Difficile d’imaginer ce petit cours d’eau devenir incontrôlable ! On raconte que son nom « Doux » lui a été donné pour contrebalancer son caractère impétueux.
En 1351, le roi Jean le Bon autorise les Tournonais à collecter un péage pour financer la construction d’un nouveau pont. Durand de Solier, receveur des droits du barrage, fit construire un bâtiment à 2 tours rondes appelé le Castelet. Pour plus de solidité, le pont fut construit 3 kilomètres en remontant la rivière au pied de la montagne, dans un emplacement où 2 culées de roche vive permettaient d’asseoir les fondations sur des bases inébranlables.
Les travaux commencent en 1371. En 1382, une inondation du Doux emporte la structure en bois et rompt les cintres. En 1470, les travaux redémarrent pour s’achever en 1583. Le pont est alors formé par une seule arche de 50 mètres, la plus grande de l’époque, d’une hauteur de 17,73 mètres.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, de belles restaurations permettent de le garder en fonction. Il a été classé Monument Historique le 3 octobre 1954. Ce pont routier entre Saint-Jean-de-Muzols et Tournon croise l’itinéraire du célèbre Mastrou.
La Fontaine
Cette magnifique œuvre d’art datant de 1882 a la particularité de représenter différents symboles héraldiques (armoiries), agricoles et artisanaux du village. On peut y apercevoir un mûrier et son ver à soie, rappelant que la magnanerie était une activité importante au XIXe siècle et au cours de la moitié du XXe siècle.
On y trouve également un cep de vigne, emblème de la viticulture, un chêne représentant la majesté, la puissance et la longévité, les trois tours argentées sur fond azur, et le blason de Saint-Jean-de-Muzols. Ces symboles font l’histoire et illustrent la vie locale.
Trois étoiles apparaissent au centre de ces symboles, probablement signe de titre honorifique. Cette fontaine alimentait encore en eau potable les habitants du village jusqu’à la fin des années soixante.
La Table du Roy
Ce récif circulaire, au pied de la colline de Pierre-Aiguille et émergeant au milieu du Rhône, était autrefois relié à la rive gauche par une épine granitique.
L’histoire retient qu’en 1248, Louis IX (Saint Louis) descendit le Rhône en bateau pour rejoindre Aigues-Mortes et entreprendre la 7e croisade. Prenant faim, il commanda une halte sur un éperon rocheux plat comme une table situé au pied des coteaux de l’Hermitage. Il ordonna qu’on lui apporte les mets et les vins du pays et festoya sur ce rocher. Dès lors, en souvenir de ce repas royal, ce récif fut appelé la Table du Roy.
Quatre siècles plus tard, en 1642, Louis XIII emprunta la route royale et goûta du vin sur cet éperon rocheux. Lors de l’élargissement définitif de la route et pour faciliter la navigation sur le Rhône, les rochers furent dynamités et en partie détruits. Seule est restée la Table du Roy, témoin de l’avancée extrême des rochers dans le Rhône.
Un QR Code au bord du Rhône permet d’entendre une capsule audio avec votre téléphone.